Résolution de mon moi
Je voudrai que tout soit simple que je n’ai qu’à me pencher sur le
monde et regarder ces braises qui s’éteignent mais rien ne fait je rêve
beaucoup trop.
Peut être est-ce ce que je suis, un bruit continuel, une sorte de
ritournelle qui oublie sans cesse de se taire.
Et pourtant je ne crée qu’en étant seule, laissée à moi-même dans
un monde trop bruyant, je trouve dans mon silence un peu de moi oublié sur le
trottoir des indécis.
Je ne veux pas m’oublier, je voudrai pouvoir crier qui je suis. Je
voudrai pouvoir encore une fois oublier que la vie ne tient qu’à un fil. Je
suis une sorte d’équilibriste maladroite qui tombe sans cesse dans les pires
aventures pourtant reposantes d’un lit trop doux et d’une voix qui rassure.
Ne perdez pas votre temps, vos conseils ne sont que l’eau qui
glisse sur les vitres d’un train en marche. Elles s’envolent à chaque
changement de cap. Je suis mon propre capitaine. Laisser moi me gouverner.
Ni d’hymne à la joie, ni de brouillard dont on sort, vestige d’une
adolescence qui s’étale. Je suis une enfant un peu, j’ai peur quand je suis
seule. Et si je pouvais m’aimer ainsi ? Sans toutes les bonnes résolutions
que je m’engage à tenir le soir au coucher. Sur le point de s’endormir je suis
ma propre architecte, je voudrai changer de visage, de corps, grandir. Et je
serai cavalière, humoriste, et enfin moi-même, parfois souvent.
A présent que je me retrouve je découvre que je ne vis finalement
que dans ce que j’écris. Là est ma plume, là est mon monde, un univers truffé
de mauvais mots et mauvais traitements, mais parfois de rires et de joies à
peine cachées, et souvent de mélancolie, d’instants que l’on voudrait pouvoir
réécrire. Et c’est amusant de voir qu’alors que je pourrais enfin inventer en
toute sérénité je ne m’écris que moi-même. Montrer à tous ces pourfendeurs que
j’ai encore une voix. Elle s’élève pour faire place à un semblant d’harmonie
qui doit se conforter à sa place.

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