Une heure à
perdre
La description de mon mal a figé ma douleur. Je me retrouve sur le
trottoir des affranchis.
J’ai tout perdu à vouloir retenir ces petits détails. Il ne reste
que ma fierté sous un corps abîmé par la grève de moi-même. Ça écrit, ça
chante, mais laissez moi m’en aller. Si j’avais tué mes désirs d’être une autre
peut être me serais-je acceptée. Peut-être serais-je en train de rire à croire
que la vie est belle mais le vent tourne dans les voiles, les gens changent de
visage et moi, je suis toujours une personne, toute seule.
A jamais, tombé dans les oubliettes de ma bizarrerie passant, je
travaille à entretenir cette douleur, j’ai mal mais personne ne cris pour moi.
Ma seule voix a souvent cet air étouffé des chants anciens que l’on entend dans
les murmures des églises. Imperceptibles.
Et peut être demain changera, on l’espère mais à force de ce faire
personnage on oublie de se faire auteur de sa propre vie.
Tourner le dos, cesser de penser comme un petit être compliqué que
je suis. Crions mes amis à notre liberté nouvelle, celle qui délaisse ses
chaînes et ses cordes qui nous étranglent bien souvent. A la guerre contre
l’amour, celui qui nous enchaîne, celui qui donne tout ou rien, et celui qui
nous oublie le lendemain.
Levant les yeux au ciel, les doigts grattant le papier peint et
les jambes qui se collent à ce qui semble vouloir encore d’elle. Parce que le
lendemain, les rêves ont tout balayé, les paupières fermés ont clos la porte de
ce qui semblait être le chemin d’une belle histoire.
V pour Vendetta ?
