lundi 1 octobre 2012

IV

La phalange habile de celui qui frappe les paumes rêches
Ne peut laisser tomber qu’une tendre symphonie,
L’histoire d’un chant qui déchire les embruns musqués
Faisant alors tournoyer, au plaisir, des lèvres écarlates.

C’est de cet art vif et cruel que ce singe des désirs
A trouvé, dans le creux des rêves, l’eau bénite pour son pain,
Ne laissant dés lors plus de place au vide, ne laissant dés lors que des rires acides,
Goutte qui s’enfuit devant l’orage d’une nuit trop brune.

Fin de cette ère délicate que l’encre boit,
Fin de cet air transpirant que le drap dilue,
 Horloge, tourmente tombent dans le puit.

Flottement de quelques bribes,
Instinct qui se détruit, surtout une nuit profonde,
Et quelques souvenirs, aussi.



vendredi 24 août 2012

VIII




Moi j'entends un chuchotement, 
Il m'envoie me cacher, me cacher dans un monde
Où nuit ne serait pas obscurité,
Car la nuit est bien lumineuse quand tu portes cette lanterne
Car la nuit n'est pas peureuse quand loin du monde tu m'emmènes
J'ai perdu mes clefs, mes illusions sont envolées
Envoler comme les feuilles tourbillonnent 
Elles qui un jour ont donné un sens aux mots tomber d'amour.
Il fait froid mais jamais il ne pleut
Mon parasol se cache dans ma veste 
Ma veste ou mon béret je sais qu'il est caché.
Mais avec ces mots, tu as fait prendre à l'automne 
Des couleurs, celle de tes cheveux, celle de notre espoir.
Si tu caches si bien le soleil dans tes poches, il transparait dans tes mots
Si tu crois jouer si bien à cache-cache 
Alors moi aussi j'en perds mes mots.
Petit Prince j'entends des chuchotements
Petit Prince sort le soleil de ta poche 
Ecoutes 
Ecoutes les chuchotements 
Ecoutes les feuilles qui volent sous nos pas 
Ecoutes la mélodie de l'automne 
Celle qui ne jure que par le soleil 
Il est cacher dans ta poche 
Garde le, on vole si facilement les choses
Garde le si je peux mettre mes mains dans tes poches. 
Plus de bruit
Un instant dans le vide 
Petit Prince n'est pourtant pas parti
Petit Prince s'est endormis"


V



Lentement de cette patte musquée,
Ondulant au gré du sable,
Les deux opales s’étaient éteintes dans une danse enjouée.

C’était de ces voiles infinies qui tombent comme une plume
Sur les parterres d’abîmes brulants.

La joue de la veillé avaient tracé à l’encre noire des pétales incandescentes,
De fines perles au nom doucereux, et à travers les âmes
Quelques gorgés d’amertume.

Ne laissant que quelques traits à l’incise glacée,
Ces épines d’opales trouant la mousse délectable des jardins en fleurs,
Habillèrent d’un manteau frêle et éphémère,
Les fleuves jalonnant de ces corps endormis.




mercredi 4 juillet 2012

Seconde séance du siècle.




Une heure à perdre


La description de mon mal a figé ma douleur. Je me retrouve sur le trottoir des affranchis.
J’ai tout perdu à vouloir retenir ces petits détails. Il ne reste que ma fierté sous un corps abîmé par la grève de moi-même. Ça écrit, ça chante, mais laissez moi m’en aller. Si j’avais tué mes désirs d’être une autre peut être me serais-je acceptée. Peut-être serais-je en train de rire à croire que la vie est belle mais le vent tourne dans les voiles, les gens changent de visage et moi, je suis toujours une personne, toute seule.
A jamais, tombé dans les oubliettes de ma bizarrerie passant, je travaille à entretenir cette douleur, j’ai mal mais personne ne cris pour moi. Ma seule voix a souvent cet air étouffé des chants anciens que l’on entend dans les murmures des églises. Imperceptibles.
Et peut être demain changera, on l’espère mais à force de ce faire personnage on oublie de se faire auteur de sa propre vie.
Tourner le dos, cesser de penser comme un petit être compliqué que je suis. Crions mes amis à notre liberté nouvelle, celle qui délaisse ses chaînes et ses cordes qui nous étranglent bien souvent. A la guerre contre l’amour, celui qui nous enchaîne, celui qui donne tout ou rien, et celui qui nous oublie le lendemain.
Levant les yeux au ciel, les doigts grattant le papier peint et les jambes qui se collent à ce qui semble vouloir encore d’elle. Parce que le lendemain, les rêves ont tout balayé, les paupières fermés ont clos la porte de ce qui semblait être le chemin d’une belle histoire.

V pour Vendetta ?

Première journée au cours de mon siècle





Résolution de mon moi

Je voudrai que tout soit simple que je n’ai qu’à me pencher sur le monde et regarder ces braises qui s’éteignent mais rien ne fait je rêve beaucoup trop.
Peut être est-ce ce que je suis, un bruit continuel, une sorte de ritournelle qui oublie sans cesse de se taire.
Et pourtant je ne crée qu’en étant seule, laissée à moi-même dans un monde trop bruyant, je trouve dans mon silence un peu de moi oublié sur le trottoir des indécis.
Je ne veux pas m’oublier, je voudrai pouvoir crier qui je suis. Je voudrai pouvoir encore une fois oublier que la vie ne tient qu’à un fil. Je suis une sorte d’équilibriste maladroite qui tombe sans cesse dans les pires aventures pourtant reposantes d’un lit trop doux et d’une voix qui rassure.  

Ne perdez pas votre temps, vos conseils ne sont que l’eau qui glisse sur les vitres d’un train en marche. Elles s’envolent à chaque changement de cap. Je suis mon propre capitaine. Laisser moi me gouverner.

Ni d’hymne à la joie, ni de brouillard dont on sort, vestige d’une adolescence qui s’étale. Je suis une enfant un peu, j’ai peur quand je suis seule. Et si je pouvais m’aimer ainsi ? Sans toutes les bonnes résolutions que je m’engage à tenir le soir au coucher. Sur le point de s’endormir je suis ma propre architecte, je voudrai changer de visage, de corps, grandir. Et je serai cavalière, humoriste, et enfin moi-même, parfois souvent. 

A présent que je me retrouve je découvre que je ne vis finalement que dans ce que j’écris. Là est ma plume, là est mon monde, un univers truffé de mauvais mots et mauvais traitements, mais parfois de rires et de joies à peine cachées, et souvent de mélancolie, d’instants que l’on voudrait pouvoir réécrire. Et c’est amusant de voir qu’alors que je pourrais enfin inventer en toute sérénité je ne m’écris que moi-même. Montrer à tous ces pourfendeurs que j’ai encore une voix. Elle s’élève pour faire place à un semblant d’harmonie qui doit se conforter à sa place.